La force du destin

La Force du Destin

Giuseppe VERDI (1813 – 1901)

 

Opéra en 4 actes

Première création le 10 novembre 1862 au Théâtre Impérial de Saint Pétersbourg avec le livret de Francesco Maria Piave.

Deuxième création le 27 février 1869 à la Scala de Milan sur le livret remanié par Antonio Ghislanzoni. 

 

Direction musicale                             Daniele Rustioni

Mise en scène et scénographie           Ersan Mondtag

Lumières                                            Henning Streck

Costumes                                           Teresa Vergho

Dramaturgie                                       Till Briegleb

Chef des Chœurs                               Benedict Kearns

 

Donna Leonora di Vargas                  Hulkar Sabirova

Don Alvaro                                        Riccardo Massi

Don Carlo di Vargas                          Ariunbaatar Ganbaatar

Père gardien                                       Michele Pertusi

Preziosilla                                          Maria Barakova

Frère Melitone                                   Paolo Bordogna

Le Marquis de Calatrava                   Rafał Pawnuk

Maître Trabuco                                  Francesco Pittari

Curra                                                  Jenny Anne Flory

Un Alcade / Le Chirurgien                Hugo Santos 

 

Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon

En 1861, Verdi est contacté par le ténor Enrico Tamberlick. Celui-ci sert d’intermédiaire à l’Opéra de Saint-Pétersbourg, qui souhaite commander une œuvre au maestro. Le compositeur se trouve alors dans son domaine agricole de Sant’Agata, à 20km au sud de Crémone dans la plaine du Pô. Il a décidé de laisser la plume de côté après la création d’Un bal masqué deux ans plus tôt. Officiellement, il ne dirige plus, ne voyage plus. Il se rend encore parfois à Turin, où il a accepté le siège de député au Parlement, mais pour le reste il se consacre à la gestion de ses terres. Ainsi a-t-il décliné aussi bien la demande d’un hymne à la nation – est-ce parce que l’unité italienne n’est pas encore achevée, puisqu’il manque encore Rome et la Vénétie ? – que celle de Vincenzo Jacovacci, influent directeur d’opéra à Rome. Mais les travaux d’agrandissement de sa maison coûtent cher et la proposition de Saint-Pétersbourg est lucrative. Verdi accepte.

Verdi propose d’abord d’écrire un Ruy Blas, d’après la pièce de Victor Hugo. Mais le héros plébéien dénonçant les abus de l’oligarchie effraie les Russes. Le sujet est rejeté. Ils soumettent en retour le drame La Fuerza del sino de l’espagnol Pérez de Saavedra, duc de Rivas. Il semble que Verdi connaissait déjà la pièce, publiée à Milan en 1850, quinze ans après sa création à Madrid. Le compositeur s’adresse au fidèle Piave pour fixer et versifier le livret. Ce sera la dernière de leurs neuf collaborations (dont Rigoletto, La Traviata, Macbeth et Simon Bocanegra), avant l’attaque qui laissera le poète muet et paralysé, incapable de rédiger Aïda (1870). Mais, comme toujours, Verdi s’en mêle. Il insiste sur la cohérence d’ensemble, et surtout sur la concision. Le travail n’est pas aisé tant la pièce de Saavedra est touffue. La musique terminée, Verdi part en Russie pour assurer les répétitions, après avoir dû batailler pour imposer ses chanteurs. Malheureusement la soprano tombe malade, et Verdi préfère repousser d’un an la création plutôt que de risquer de voir sa nouvelle œuvre créée par une voix qui ne lui aurait pas paru adaptée. La Force du destin est donc donnée pour la première fois à Saint Pétersbourg le 10 novembre 1862. C’est un succès.

Verdi compose l’Ouverture pour la reprise de l’œuvre en 1869 à La Scala de Milan.

La version initiale s’achevait par un chœur de moines et le suicide d’Alvaro maudissant Dieu. Verdi les remplace par un trio entre Leonora, Alvaro et le supérieur du couvent. Cette dernière scène devient le pendant du trio de l’acte I entre le père et les amants. L’œuvre gagne en cohérence d’ensemble : au père intransigeant maudissant les amoureux, se substitue à la fin la figure d’autorité symbolique, qui incite Alvaro avec bienveillance à accepter son destin tragique. 

Verdi ne transforme pas seulement la fin de l’opéra. Il lui ajoute aussi une ouverture, directement liée au drame puisqu’elle cite plusieurs motifs musicaux à venir. 

 

 

Résumé

 

Leonora, fille du marquis de Calatrava, aime un « sang-mêlé », Don Alvaro, avec lequel elle projette de s’enfuir du château paternel. Les hésitations de la jeune fille partagée entre passion et remords retardent la fuite des deux amants, soudain surpris par la brusque arrivée du père. En jetant son pistolet à terre en gage de bonne foi, Don Alvaro tue accidentellement le marquis qui meurt en maudissant sa fille. Ce drame initial enclenche l’implacable mécanique du destin. Dix-huit mois plus tard, Leonora, sous un déguisement masculin, a trouvé refuge dans une auberge où elle reconnaît son frère Carlo parmi les nombreux convives. Animé d’un terrible désir de vengeance, Carlo s’est lancé à la poursuite de  sa sœur et de son amant qu’il considère comme les meurtriers du marquis. Leonora parvient à se réfugier au monastère de la Madone des Anges. Désormais persuadée d’avoir été abandonnée par Alvaro, la jeune femme obtient du Père Gardien l’autorisation de vivre en ermite dans un lieu isolé proche du couvent. Les années passent. Engagé au service du Roi d’Espagne sous une nouvelle identité, Alvaro s’est illustré au combat sans avoir pu oublier son amour pour Leonora qu’il croit morte. Un jour, il sauve la vie d’un jeune officier en qui il ne reconnaît pas le frère de Leonora parce qu’il se dissimule lui aussi sous une fausse identité. Alvaro et Carlo se jurent une amitié éternelle. Mais le destin  poursuit sa marche inexorable : Carlo découvre qui est réellement son nouvel ami et sa soif de vengeance le pousse à exiger un duel interrompu par des soldats. Alvaro trouve refuge au monastère de la Madone des Anges où il devient frère Raphaël. Tout le monde vante sa piété et sa  générosité. Mais l’intraitable Carlo retrouve sa trace et l’insulte violemment pour  provoquer un nouveau duel. Après un terrible combat sans vainqueur, les deux hommes vont chacun  chercher du secours à l’ermitage où vit Leonora. Le destin s’accomplit. Au moment où les deux amants se sont enfin retrouvés, Carlo, ivre de haine, poursuit sa vengeance et poignarde sa sœur. Le Père Gardien exhorte Alvaro : il doit surmonter son désespoir et survivre pour expier.  

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